Allô Vénus

Allô Vénus
Auteur

Mickaël Escoffier

Illustrateur

Matthieu Maudet

Editeur

Thierry Magnier – 2012

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Margot a une imagination débordante. Un carton sur la tête, elle adore jouer à la cosmonaute venue d’une autre planète et infiltrée dans une maison d’humains. Sème-t-elle vraiment la pagaille sur son passage ou son grand frère est-il d’une incorrigible mauvaise foi ? Lorsque celui-ci, excédé, tente de lui arracher le casque qui lui permet de communiquer avec la planète Vénus, un drôle de bruit se fait entendre dans le ciel… Et si Margot donnait une leçon à son grand frère en lui montrant que les petits ne sont pas toujours des bébés ?

Mots-clés : fratrie, imagination, espace

Présentation générale

Ce petit livre est attrayant et amusant. Sous l’apparence d’une opposition entre un frère, grognon et sans humour, et une sœur débordante d’imagination, il aborde la place du jeu chez l’enfant et l’identification des petits à leur personnage.
L’histoire est dynamique, très drôle, avec une fin inattendue et loufoque. L’album est très bien illustré, tout en noir et blanc avec une touche de papier kraft.

Notre analyse

L’album est bien plus compliqué qu’il ne paraît. Les difficultés relevées sont de plusieurs ordres :

• Le contenu : c’est un livre de science fiction mais qui se déroule jusqu’à la chute finale dans le quotidien. Le lexique aborde ce domaine avec des termes comme zone d’impact / mutants / créature ….Il faut connaître auparavant la notion d’extra-terrestre et de science-fiction simple.

• Le livre aborde donc deux histoires qui se mêlent : celle de la fratrie (rivalités, préférences, rapports à la mère, situation de l’aîné….) et le jeu de l’enfant qui les commente avec sa vision d’ailleurs. On pourra noter que ce jeu devient ensuite réalité avec l’arrivée de la soucoupe et les renforts demandés qui se manifestent.

• L’angle du récit : c’est le point de vue de la fillette qui se pose comme exploratrice
venue d’ailleurs et commente le monde qu’elle découvre à la manière d’une exploratrice. Il y a donc un écart entre le texte et l’image, ce qui demande explication. Il faudra sûrement expliquer ce positionnement en prenant appui sur du connu des enfants (Dora l’exploratrice peut-être ?)

• La narration s’effectue uniquement par des dialogues. Même s’ils sont facilement
identifiables (gris pour la fillette / noirs pour les autres personnages), il faut reconstruire l’histoire à partir de ces paroles échangées (passage du langage d’action au langage d’évocation).

• Il y a aussi à lire dans les images ce qui n’est pas dit dans les paroles : toute la phase
finale de l’arrivée de la soucoupe jusqu’à son envol. Mais aussi le comportement du chat qui suit la fillette du début (page de garde, il est dans son casque) jusqu’à la fin (il lui fausse compagnie en embarquant dans la soucoupe) mais aussi avec des aventures intermédiaires (remarquer l’aquarium qui devient son casque alors que les poissons sont laissés au sol (4ème de couverture).
Et également lire les sentiments des personnages à partir des traits de crayon : mécontentement du garçon allongé sur son lit (traits au-dessus de la tête), mauvaise humeur (nuage noir), plaisir malsain quand il écrase le casque de sa sœur, pleurs de la fillette, stupéfaction quand la soucoupe arrive, peur du frère caché dans la poubelle, visage fermé de la mère et sa bouche ronde qui évoque des cris lorsqu’elle parle à son fils en opposition à son visage souriant et ouvert quand elle s’adresse à sa fille….

Pour accompagner la lecture

La présentation de l’album en grand groupe ne sera pas aisée dans la mesure où on ne peut dissocier texte et images. On peut imaginer le raconter une première fois collectivement en transformant sa forme : C’est l’histoire d’une petite fille… Ainsi les enfants auront une trame dans la tête qui s’enrichira ensuite des éléments qui seront apportés lors des relectures successives qu’il sera impératif de mener. On peut aussi interrompre la lecture juste avant la fin et laisser les enfants imaginer ce qui peut se passer ; la surprise sera alors totale.

C’est un livre sur lequel il faut prendre le temps de revenir, qu’il faudra laisser manipuler par les enfants afin d’échanger ensuite avec eux sur les questions qu’ils se posent. Son appréciation ne pourra être totale qu’avec cet accompagnement indispensable.