Albert le toubab

Albert le toubab
Auteure

Yaël Hassan

Edition

Casterman – 2010

Pauvre Albert ! Lui qui menait une vie si tranquille avec son chat Hector, le voici forcé de s’occuper d’une fillette turbulente qui n’a pas sa langue dans sa poche. Et pauvre Memouna, qui doit échanger ses copains de la cité contre la compagnie de ce vieux grincheux ! La cohabitation promet d’être agitée… Une rencontre explosive.

Mots-clés : famille, immigration

Présentation générale

Un récit de vie intelligent, drôle et agréable à lire. Albert, un vieil homme bougon, une espèce d’ours mal léché, est confronté à la prise en charge d’une fillette vive, bavarde et sacrément maline. Les échanges sont vifs, acerbes et réjouissants. Un livre qui soulève toute sorte de problèmes (la différence des générations, l’opposition des personnalités, les familles monoparentales, la place de la femme….) dans une écriture simple et adaptée.

Notre analyse

Le livre met en scène l’intégration de deux générations d’émigration. Comme souvent, le risque du l’auteur est de tomber dans la caricature. Pour éviter ce piège, on pourra comparer les préjugés d’Albert et la réalité racontée par un auteur qui a une vraie connaissance de la banlieue.

Le thème du vieil homme aigri par le décès de sa femme, isolé chez lui au milieu de la cité, bousculé par un enfant qui l’oblige à sortir de son marasme pour s’intéresser aux autres est un classique, (cf. le film d’animation Là-haut ).

On peut seulement regretter quelques effets narratifs un peu surfaits sur lesquels il est sûrement inutile de s’arrêter : l’enfant désiré handicapé décédé, la fin trop didactique (même si connaître l’existence du musée de l’immigration est intéressant.

L’écriture est fluide et ne devrait pas poser de problèmes de compréhension. L’utilisation d’un vocabulaire familier est intéressant (mauvais bougre / mauvais bourge). Les dialogues qui s’appuient sur la méconnaissance des contextes de vie des personnages créent des décalages qui prêtent à rire. Quelques réflexions sur la différence peuvent amener au débat (une recherche de la définition du racisme p 103).

Le récit met en valeur de véritables problèmes de société, notamment la vie des femmes dans les cités. Zaïna est une femme indépendante qui veut garder son autonomie et sa liberté. La petite Memoun a a un caractère bien trempé, elle est débrouillarde, prend des initiatives et ne se laisse pas faire. Albert est touché par la volonté de ces femmes de ne pas répondre au pouvoir des hommes.

Pour prolonger la lecture

Yaêl Hassan a écrit un autre livre sur la cité, notamment Momot petit prince des Bleuets chez Syros.