Jefferson

Jefferson
Auteur

Jean-Claude Mourlevat

Edition

Gallimard Jeunesse – 2019

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En ce radieux matin d’automne, le hérisson Jefferson décide d’aller chez son coiffeur se faire rafraîchir la houppette. Comment pourrait-il imaginer, alors qu’il arrive plein d’entrain au salon « Défini-Tif », que sa vie est sur le point de basculer ?Accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis, le brave Jefferson, 72 cm de frousse et de courage, est jeté dans une aventure qui le mènera, pour le meilleur et pour le pire, au pays des êtres humains.

Mots clés : différence, nature-écologie, courage

Présentation

Les éditions Gallimard proposent une présentation sobre et efficace de cet ouvrage : « Dans un polar haletant, parfois féroce, mais où dominent la tendresse, l’amitié et le bonheur de vivre, Jean-Claude Mourlevat met son talent au service d’un roman policier. »

Le livre ne présente pas de difficultés particulières de compréhension mais son volume de lecture est important. Il s’adresse donc essentiellement à des enfants de niveau 6ème / 5ème. Les enfants d’école primaire peuvent être intéressés par ce roman, ils auront certainement besoin d’un accompagnement (des lectures orales d’adultes, par exemple) .

Analyse

Jean-Claude Mourlevat est un auteur talentueux qui propose souvent des textes forts. Il écrit pour les adultes et pour les enfants. Certains romans tels que L’enfant océan ou L’homme à l’oreille coupée sont devenus des « classiques » pour le cycle 3 dans le milieu enseignant. Il n’a écrit que deux policiers dont Jefferson. Son inspiration semble mûrir au fil du temps comme il l’indique sur son blog personnel.
Jefferson est un personnage original. Il est rare en effet de trouver un hérisson anthropomorphisé comme héros d’un roman policier. Jean-Claude Mourlevat explique son choix dans un entretien paru dans la Revue des livres pour enfants de juin 2019, que vous pourrez lire dans notre onglet « documents ». Il présente Jefferson comme un personnage de littérature avant tout, capable d’offrir à l’auteur toute une palette créative faite de fantaisie, d’humour et de liberté. Il explique également que la nature de l’animal lui a paru sympathique, avec sa fragilité et sa proximité avec les humains. Il est vrai que Jefferson est un héros gentil, brave, attachant. Il n’a rien de surhumain. Comme les héros de Tolkien, il est poussé par la force des choses (et par la littérature) à agir et à se dépasser. Son intelligence, sa perspicacité lui permettent de relever les défis auxquels il est confronté. Il mène son enquête avec son ami de toujours, le cochon Gilbert, et arrive à trouver des solutions.

L’intrigue policière est bien construite. Dès le premier chapitre, les éléments nécessaires à l’enquête sont posés : un crime, un témoin, un présumé coupable. La quête de Jefferson, aidé de Gilbert, est de trouver le vrai coupable. Il y a du suspense, des rebondissements. Les valeurs d’amitié, de solidarité sont mises en avant. Il y a de l’humour au niveau des situations, des personnages (les touristes justiciers).
La difficulté principale posée par le texte est certainement liée à la question du statut de l’animal. Il est bien question d’une évolution de l’espèce mais les différents statuts sont peu clairs. Pourquoi certains cochons parlent-ils et d’autres pas ? Est-il question de dénoncer des pratiques d’abattage indignes ou s’agit-il d’un discours sur l’extermination d’une race ? L’histoire prête-t-elle à réfléchir sur une activité humaine ou est-ce une fable politique ? On sent bien que l’auteur a à cœur de faire réfléchir ses lecteurs sur le thème actuel du respect dû aux animaux mais la mise en place de deux « types » d’animaux, les uns cohabitant pleinement avec les hommes et partageant avec eux le langage, les vêtements, les modes de vie (les vacances en groupes, les visites de sites culturels, etc.) ; les autres participant d’une vie quotidienne « réaliste », en tant qu’animaux de compagnie ou d’élevage, rend le questionnement un peu étrange.
En tout état de cause, on peut penser que la portée philosophique de ce roman qui nous intrigue quelque peu, ne gâchera pas la motivation des lecteurs qui s’attacheront d’abord aux personnages.

Ce livre a reçu :

  • le prix Quai du polar 2019
  • le prix des libraires du Québec 2019
  • le prix lecture « La boîte à lire » (CM2) 2019
  • Le prix du livre jeunesse des Monts d’Or 2019
  • le prix des Embouquineurs 2018-2019
  • le prix Je lis Je suis 2019
  • le prix de l’estuaire 2019