43, rue du vieux-cimetière

43, rue du vieux-cimetière
Auteurs

Kate et M. Sarah Klise

Edition

Albin Michel Jeunesse – 2013

Catégories : , , Étiquettes : ,

Ignace Bronchon, auteur grincheux de séries pour enfants, vient s’installer pour l’été dans la vieille demeure victorienne du 43 rue du Vieux Cimetière. Pressé par son éditeur, il espère y terminer le treizième volume de sa série, un véritable défi puisqu’il n’a pas écrit une ligne depuis vingt ans ! Mais Bronchon découvre, furieux, qu’il doit cohabiter avec le fils des propriétaires, le jeune Lester Perrance, son chat Shadow et… le fantôme de l’ancienne propriétaire, Adèle I. Vranstock. Lester et Adèle qui s’entendent parfaitement, s’amusent tout d’abord à lui mener la vie dure, mais peu à peu, tous apprennent à se connaître et à s’apprécier. Adèle, romancière de son vivant, aide Bronchon à surmonter sa panne d’inspiration en coécrivant le nouveau roman. Le livre est un tel succès qu’ils rachètent le 43 rue du Vieux Cimetière pour y résider ensemble, comme une vraie famille.

Mots-clés : amitié, mystère,

Présentation

Voilà un livre à la forme originale qui présente des catégories textuelles très variées : dessins, schémas, articles de journaux, enveloppes… Même si le genre principal est épistolaire, tout est ici prétexte à jouer. On joue sur les formes, sur les mots, sur les situations… De fait, ce livre est foisonnant. Cela peut engager certains lecteurs à chercher et à rechercher mais d’autres lecteurs peuvent être perdus dans la multitude des informations.
Il s’adresse à de bons lecteurs aimant les ambiances mystérieuses et le travail de recherche à partir de différentes entrées.

Analyse

La principale difficulté sera d’identifier les personnages assez rapidement : qui est qui ? Même si des portraits sont affichés dans le vestibule d’entrée du roman, le début du récit est assez abrupt puisqu’il faut repérer les destinataires et les expéditeurs des courriers pour comprendre la situation. Il sera d’ailleurs important de comprendre les métiers d’agent immobilier, d’avoué, d’éditeur. Un arrêt sur la gazette du Livid City p 32-33 permettra de bien situer le contexte. De nombreux indices sont mis au service du lecteur pour s’y retrouver (les portraits, la forme des lettres, les types de caractères, les dessins…) mais il est important des les expliciter pour mieux se repérer.
De plus, les différentes informations sont noyées dans un foisonnement de jeux de mots plus ou moins utiles, même s’ils sont souvent drôles (Sandy Page / Fred Dossier / NulnonAvenue …) On pourra s’amuser à en relever quelques uns pour le plaisir. Cependant on notera que la question de la traduction est largement ouverte, sachant que l’écriture originale ne peut être transcrite littéralement.
Il y a, dans ce livre, un côté Harry Potter avec ses fantômes, ses bibliothèques, ses repas fantasmagoriques. Mais il y a également une vision de l’enfance et de la famille que l’on retrouve dans Roald Dahl (voir en particulier Matilda), à savoir l’idée que chacun s’adopte dans une famille idéale. Lester et Adèle s’aiment ; en revanche, il n’y a aucun lien affectif avec les parents de Lester, qui, il faut bien l’avouer, sont totalement indignes. De fait Lester et Adèle forment une famille à eux deux, et décident de ceux qui peuvent les rejoindre. L’évolution de leur relation avec Ignace est prévisible et sympathique.
L’ensemble est réjouissant par son caractère atypique et le dynamisme du récit. Il faut noter que c’est le premier tome (Trépassez votre chemin) d’une série qui compte sept tomes dont le dernier est paru en 2015.

Pour accompagner la lecture

Une nouvelle d’Oscar Wilde, Le fantôme de Canterville, traite d’un sujet similaire : l’installation d’une famille américaine dans une maison hantée. Le fantôme n’arrive pas à effrayer les nouveaux occupants. Il finit par lier amitié avec la famille de la maison. Cette nouvelle est mise en ligne sur le site http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre27875-chapitre139458.html